Rose-Marie E. Goulet : les choses et les mots

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[…] le rapport du langage à la peinture est un rapport infini. Non pas que la parole soit imparfaite, et en face du visible dans un déficit qu’elle s’efforcerait en vain de rattraper. Ils sont irréductibles l’un à l’autre : on a beau dire ce qu’on voit, ce qu’on voit ne loge jamais dans ce qu’on dit, et on a beau faire voir, par des images, des métaphores, des comparaisons, ce qu’on est en train de dire, le lieu où elles resplendissent n’est pas celui que déploient les yeux, mais celui que définissent les successions de la syntaxe. — Michel Foucault, Les mots et les choses.

 
La démarche de Rose-Marie E. Goulet pourrait se définir ainsi, dans ce que Foucault expose comme un aller-retour irréductible entre les mots et les choses qui, somme toute, laissés à eux-mêmes chacun de leur côté, pourraient apparaître comme étant incomplets, orphelins d’un sens qui ancrerait de manière implacable ce que l’auteur (littéraire ou visuel) désire transmettre au « lecteur » d’une œuvre.