No 244

En kiosque
22 avril 2013

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Portfolio

Pierre Dorion

Dossier

Le savoir capital

Il est de ces phrases qui nous poursuivent, nous hantent parce qu’elles excitent notre mauvaise conscience ou éclairent d’un coup l’inconsciente volonté de s’aveugler soi-même. « Si, bien sûr, les professeurs du Québec, tant au secondaire, au collégial qu’à l’université ont soutenu avec courage et force les mouvements étudiants, les universitaires ont, à mon avis, peu tenté de réfléchir à leur position très problématique dans le système actuel que constitue l’éducation supérieure », écrivait l’auteure et universitaire Catherine Mavrikakis dans une chronique écrite en plein Printemps étudiant (mais publiée à l’été 2012, dans le numéro 241 de Spirale).

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ÉDITORIAL

Notes pour le printemps

Compte tenu du mandat qui est celui de Spirale, le magazine ne pouvait, un an après les événements du « Printemps québécois », ignorer les nombreux ouvrages qui lui ont récemment été consacrés. Loin, toutefois, de chercher ici à célébrer ou à commémorer stérilement un événement dont la contemporanéité nous empêche encore de prendre la pleine mesure, les collaborateurs du dossier « Le savoir capital » ont été appelés à réfléchir, à commenter et à penser de manière « engagée » aux fondements mêmes de la crise qui a secoué le Québec. Parmi les problématiques soulevées par la contestation étudiante et appuyées largement par le corps professoral, le refus de la marchandisation du savoir se démarque et apparaît en effet comme le socle sous-tendant tous les autres. Or, à regarder de près l’allure actuelle du débat sur l’éducation — particulièrement dans la foulée d’un Sommet sur l’éducation supérieure qui, malgré la promesse des « chantiers » annoncés, a toutes les allures d’un rendez-vous manqué avec l’histoire —, nous sommes plus que jamais en droit de nous inquiéter.

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